7 ème jour de randonnée : Rencontre avec toit
de l'Europe et bonjour l'Italie
Météo : soleil
Cette journée superbement ensoleillée, va nous
permettre de nous reposer (en principe).
Nous partons pour CHAMONIX MONT BLANC
La descente vers Chamonix, restera gravée dans
ma mémoire.
Nos regards sont continuellement attirés par les 4.000 enneigés:
L'aiguille verte (la verte pour les habitués), les Drus, l'aiguille
du Midi, l'aiguille du goûter, le dôme du Goûter, l'arête des Bosses,
le Refuge Vallot et bien sûr, le majestueux dôme du Mont-Blanc,
le toît de l'Europe : 4.810 m.
Cette émotion qui me fait vibrer en ce jour de juillet 1982, ne
me quittera plus.
Dès lors, ma volonté de poser mes crampons et mon piolet au
sommet, constitue mon prochain objectif !
C'est drôle, je ne connais rien (à cette époque) à
l'alpinisme, à la haute-montagne et pourtant je ne rêve que d'une
chose : vaincre ce sommet mythique...
A cet instant, je ne fais rien pour empêcher ce
frisson de bonheur qui traverse mon dos, et c'est en contemplant
tous ces sommets ensoleillés avec ma vue troublée par l'émotion,
que mes copains me ramènent à la réalité.
Je viens de vivre un fabuleux coup de foudre pour la montagne.
(Mon rêve de conquête de ce symbole sera exaucé 12 années plus tard,
dans une autre aventure, un autre défis !)
Au moment ou je tape ce
résumé sur mon clavier d'ordinateur, j'ai une pensée émue pour
celui qui m'a transmis son amour, sa passion de la montagne, par
ses romans : Premier de cordée, La grande crevasse, Retour à la
montagne... il s'agit de Roger Frison Roche.
Merci monsieur Frison Roche au nom de toutes les personnes que
vous avez fait rêver par votre passion pour la montagne.
Roger Frison Roche nous a malheureusement quitté à quelques jours
de l'an 2000 !
A peine arrivés dans la capitale mondiale de l'alpinisme,
nous cherchons un marchand de cycles pour dévoiler la roue du vélo
de Michel. Le commercent sympa, assurera le gardiennage de nos montures
durant la journée afin de nous permettre de visiter la ville en
toute sérénité.
Toute l'équipe s'est retrouvée devant l'église,
en fin de matinée en vue de préparer le repas de midi, que nous
prendrons devant l'hôtel RICHEMOND.
(J'ai eu l'occasion de
revenir plusieurs fois à Chamonix en 1994, 1995, 1996, 1997, 1998
et 1999 et de revoir cet endroit, avec nostalgie !)
Menu du jour pour Roland : 1 baguette - 1 boite
de " Six de Savoie " - 1 litre de jus d'orange
et 1 assiette Anglaise (J'avais pourtant perdu 4 Kg durant notre
périple !)
L'après-midi était consacrée à la détente au Plan de L'aiguille
(téléphérique) à 2.300m d'altitude.
Enfin un peu de repos bien mérité. Nous sommes affalés tels des
lézards sur les rochers en plein soleil. Quelques photos humoristiques
témoigneront de nos bons moments.
Vers 15H00, nous redescendons dans la vallée récupérer
nos montures, faire les courses et en route pour Courmayeur via
le Tunnel du Mont-Blanc.
Nous arrivons devant l'entrée du tunnel vers 17H00. Nous pensons
que la traversée (en auto stop bien sûr !) ne sera qu'une formalité.
Nous comptons beaucoup sur nos visages angéliques de gentils « cyclos
» pour amadouer les routiers.
Nous avons simplement oublié que le samedi, la
quasi totalité des routiers traversant le tunnel sont des étrangers
qui retournent chez eux.
Et maintenant bonjour l'angoisse !
Je revois encore cette image « pathétique » de
toute l'équipe à l'assaut de chaque camion se présentant
à l'entrée du tunnel :
« Bitte, por favor, please, ...... » rien n'y fait, nous restons
plantés là !
Et pourtant, aux environs de 18h30, .... voici
le " célèbre " Hermann dans son majestueux 35 tonnes
tout de vert vêtu et.... débordant de pneus . Débordant est certainement
le mot qui convient le mieux à cette description sommaire. (voir
plus loin).
Nous voici tous repartis pour un nouvel assaut
en langue allemande, « nos visages amaigris, nos traits tirés, nos
yeux humides de larmes » implorant la pitié du camionneur
Prussien. Tout à coup la réponse tombe comme un couperet : «Pour
Fous z'est d'aggord, pour les félos z'est nein !
»
C'est avec un air désolé qu'il nous quitte,
en direction du poste de péage. Quelques instants plus tard revoilà
notre routier bavarois préféré « Hermann le retour ».
Il nous propose « gentiment » de nous aider à nous rendre de l'autre
côté en Italie à une condition !
Si nous l'aidons à remanier complètement tout son chargement
de pneus qui débordait un peu trop selon les agents de sécurité
du tunnel.
Aussitôt dit aussitôt fait. En une heure,
nous réaménageons tout le chargement au prix d'importants efforts
dans la poussière de caoutchouc, noire et odorante.
A 19h30 le " Prussien sympa " et
son ami, tiennent leur parole, nous voici en route pour l'Italie
où une autre surprise nous attend......
Pendant la traversée du tunnel, nous engageons
un grand débat, très animé, sur le match de coupe du monde France-Allemagne.
Et l'allemand, très sympathique au demeurant, de nous répéter
: " Ach! sehr gut kollegen "!
Après la traversée du tunnel, nous faisons nos
adieux à nos amis routiers et nous voici repartis le nez dans le
guidon vers Courmayeur.
Michel est parti avant nous, à la recherche d'un
hébergement pour ce soir. Ce n'est que vers 20h30 que Michel
nous annonça la merveilleuse nouvelle. En effet il nous a trouvé
un endroit idyllique, non loin d'un terrifiant torrent qui
dévale la montagne avec un grondement infernal. Mais...... le vieux
paysan italien est méfiant. Mon doux visage d'enfant de choeur
ne suffit pas à lui donner confiance.
Alors, une idée lumineuse germait dans son esprit
mercantile. Il s'assied au volant de son petit tracteur auquel
est attelé une petite charrette et nous voici en route pour ramasser
2 chargements de foin a proximité de sa maison.
Pendant ce temps, Michel et Guy préparent notre gîte à la belle
étoile, au milieu de bottes de paille, abrité par un toit en tôle.
Ensuite, nos 2 compères, nous concoctent une fondue savoyarde mémorable
! Du fromage, encore du fromage et du vin à gogo
ohé, ohé ohé ohéééééé ! (vous voyez ce que je veux dire !)
Vers 22h00, la lumière céleste s'éteignait
progressivement pour laisser place à un merveilleux ciel étoilé.
A 1.300 m d'altitude, la fraîcheur de cette belle soirée d'été
en terre Italienne se fait rapidement sentir. Après quelques superbes
instants de rigolades, la fatigue a peu à peu raison de nous et
c'est ainsi que nous nous endormons, bercés par le grondement
infernal de ce furieux torrent de montagne.
Ainsi s'achève notre journée de repos ! |