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Les Alpes à vélo

Divers : 2 000 km à vélo - Journal de randonnée cyclotouriste
     
 
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Lundi 12 juillet 1982 : Sainte Foy Tarentaise  -  Lanslebourg

9 ème jour de randonnée : Val d'isère et le col de l'Iseran.
Météo :
soleil

Nous voici dans la célèbre ascension d'un des plus hauts cols d'Europe ouvert à la circulation automobile.
Les tunnels, non éclairés, pour la plupart, succèdent aux ouvrages paravalanches. Ce qui nous cause, parfois quelques soucis d'orientation à l'intérieur de ceux-ci  ! Le soleil et le ciel bleu nous accompagnent encore et toujours et c'est au détour d'un lacet que nous nous retrouvons face au lac du Chevril entre Tignes et Val d'Isère. Arrêt photos, pause pipi et repos sur le célèbre barrage qui avait fait couler beaucoup d'encre et de larmes lors de sa construction.

Nous sommes profondément imprégnés par ce fabuleux panorama qui nous entoure. « Que la montagne est belle » chantait Ferrat. Si je perçoit aussi intensément les battements de mon coeur, je le doit sans aucun doute à l'altitude, à l'effort physique mais aussi à l'émotion ressentie en ces lieux magiques.

Quelques minutes plus tard, Val d'Isère (alt. 1.880m) 2 h d'arrêt, tout le monde descend. Il est midi nous nous préoccupons de notre déjeuner. Celui-ci ne représente certainement pas un modèle de diététique  à suivre  : 1 baguette, 1 camembert, 1 assiette anglaise et pour arroser le tout : 1 litre de jus de pomme ! Nous prenons le temps de sympathiser avec 2 cyclotouristes étrangers venus d'Allemagne, guidés par l'amour du vélo et de la montagne. Nous partageons notre passion commune pendant ces courts instants qui font de nous les meilleurs amis du monde. Salut les gars que Dieu vous garde...

Il est 14h, que la vie nous paraît belle,  nous chevauchons nos montures, avec le grand col de l'Iseran en point d'orgue d'une journée mémorable. Il nous reste 16 km à parcourir avant d'atteindre le toit de notre périple.

J'ai de plus en plus de difficultés à tenir le rythme, nous sommes à plus de 2.500m d'altitude. Le vent frais, le manque d'oxygène, le poids de nos bicyclettes surmontées d'une tonne de sacoches bondées sans oublier l'assiette Anglaise qui baigne dans un lac de jus de pomme, très agité. Voilà les causes de mon calvaire.

Je ne reste cependant pas insensible à ce nouveau décor fait de roches escarpées et de bancs de neige. A quelques centaines de mètres du sommet, des gens nous acclament, nous applaudissent et nous félicitent. Cela nous fait chaud au coeur (pour ce qui est du corps, je suis en short et il fait 8°C avec  vent frais soutenu !)

Il est 16 h, nous sommes au col de L'Iseran 2.770 m d'altitude. C'est avec une joie incommensurable que nous nous donnons une vigoureuse accolade qui témoigne de notre amitié, de notre solidarité et du plaisir d'avoir réussi. C'est aussi le moment de faire nos adieux à Thierry PAOLAZZI qui doit rentrer chez lui pour d'autres obligations prévues de longue date. Nous le regardons s'éloigner avec un pincement au coeur. Quoiqu'il arrive nous avons déjà réalisé de belles choses tous ensemble. Nous avons souvent rêvé à ces instants et à présent nous vivons ce rêve !  « salut blaireau », soit prudent car la descente vers Bourg Saint Maurice est dangereuse.

Nous ne pouvons nous attarder trop longtemps en ces lieux car le froid nous engourdit. Nous voici chaudement habillé, nous sommes prêts à « fondre » sur Lanslebourg.

La descente est dangereuse sur cette route étroite en lacets. Cela ne nous empêche pas de lancer nos montures à vive allure vers la vallée. Cette folle sensation de liberté procurée par l'ivresse de la descente m'a fait craindre le pire à plusieurs reprises. Un freinage un peu trop tardif, une mauvaise appréciation de trajectoire, la vue perturbée par le vent qui fait larmoyer mes yeux et hop quelques dizaines de mètres effectuées sur le bas côté de la route !
Ouf ! j'ai encore eu beaucoup de chance, mais qu'importe, ces instants sont tellement exceptionnels, je plane, je vole, je m'éclate (au sens figuré bien sûr).
A cet instant il me semble que la vie m'a crédité d'un tel « capital bonheur » que je ne pourrai plus en espérer beaucoup plus,et si je devais partir maintenant...
Après ces quelques instants d'inconscience, me voilà revenu les pieds sur terre, la descente se poursuit normalement.
(Ce que je ne pouvais prévoir à cette époque, c'est que bien des années plus tard d'autres bonheurs, différents, d'une intensité au moins égale, alterneront avec de profondes douleurs. Toutes ces expériences venant s'inscrire dans les pages d'une vie déjà riche en émotions .)

Nous arrivons, un peu courbaturés, à Lanslebourg-Mont-Cenis. Après une bonne toilette dans une fontaine, nous recherchons, non sans mal, un lieu pour nous reposer cette nuit. Nous avons enfin obtenu l'autorisation de passer la nuit derrière une ferme, sur un lit de bottes de paille, « à la belle étoile ».
Pendant que les copains préparent notre repas (Maïs, thon, mayonnaise, comté et riz, le tout en salade), je procède à la remise en état de ma bicyclette. Le câble de mon frein arrière s'est brusquement décidé à me faire faux bond aux abords de Lanslebourg. Je n'ose pas imaginer ce qu'il serait advenu de ma « noble personne » si cela s'était déroulé, quelques km plus haut, alors que je jouais à « rivaliser » avec notre « Poupou » national...

Il est 23h nous sommes allongés sur un matelas de paille avec la voûte céleste comme décor. Nous sommes à 1.400 m d'altitude, les étoiles filantes qui traversent ce ciel limpide et pur de ce mois de juillet nous invitent à faire quelques voeux pour un avenir que nous espérons heureux pour tous ceux que nous aimons et pour nous-mêmes. Il est 1h00 du matin, bonne nuit les copains.

 
 
Mardi 13 juillet 1982 : Lanslebourg - Briançon

10 ème jour de randonnée : les cols du Mont Cenis, du Montgenèvre et l'Italie
Météo : soleil, canicule et orage

Les horaires de travail des paysans de ces montagnes s'échelonnent, en été entre le coucher et le lever du soleil.
Ce qui fait que, malgré nos 5 petites heures de sommeil, ne devons nous lever pour faire de la place à nos hôtes d'une nuit et ainsi ne pas les gêner dans leurs travaux de ferme.

Après avoir, comme chaque matin, "ingurgité" un petit-déjeuner très copieux, et fait un brin de toilette, nous nous élançons à l'assaut des cimes.

Au menu du jour : le col du Mont-Cenis avec ses 2083 m d'altitude et son superbe lac de montagne bleu azur.
L'ascension aurait pu être très agréable, mais malheureusement ce col est très fréquenté par les camions. Nous avons respiré des vapeurs de Gasoil durant quelques heures, sans compter le bruit et le danger que cela représente.

Malgré ces inconvénients nous arrivons enfin au sommet, balayé par un vent frais. Quel contraste par rapport à la chaleur que nous avons ressentie durant l'ascension !
Le col assure la liaison entre la France et l'Italie. Nous ne prenons pas le risque de prendre froid, nous nous élançons dans la descente sinueuse et dangereuse vers l'Italie.
Nous dévalons les pentes à vive allure, ce qui nous vaut quelques frayeurs, liées aux poids lourds et aux précipices.

Nous arrivons enfin à Souza (Italie). L'atmosphère est brumeuse et la chaleur étouffante, quel contraste encore !
C'est ici que nous nous arrêtons pour nous restaurer rapidement.
Au menu : Chips, Camembert et pain ! Encore un défi aux règles de la diététique !

Nous repartons vers Briançon et dès le départ, je ne me sens pas très bien, la canicule est étouffante, je suis à la traîne, une défaillance comme on en connaît rarement !
J'ai beaucoup de difficultés à me hisser aux sommets des petites côtes et finalement je décide de poser le pied aux abords d'une fontaine d'eau fraîche. Je m' arrose tant que je peux, je trempe mon tee-shirt dans l'eau glacée et  après quelques minutes d'arrêt, c'est reparti.
Le rythme est tout à coup bien meilleur, je ne souffre plus, provisoirement de la chaleur. Le changement est radical et même étonnant. Le moral remonte au plus haut. Après quelques kilomètres, quelques gouttes de pluie providentielles nous rafraîchissent quelque peu.

Au fur et à mesure de notre progression, de gros nuages lourds s'accumulent dans la vallée et c'est alors qu'un gros orage éclate. C'est sous une pluie intense et continue que nous arrivons à Césana-Torinese à 1.100 m d'altitude. Michel et Xavier nous ont quitté pour rechercher un hébergement à Briançon.

Guy et moi commençons l'ascension du col de Montgenèvre et c'est sous une pluie fraîche que nous atteignons le sommet à 1.850 m d'altitude. Nous profitons d'une pause pour nous ravitailler en contemplant un berger qui traverse la route avec son troupeau de moutons au son des clochettes et des aboiements du chien qui les accompagne.

Nous reprenons la route de Briançon par la longue descente du col de Montgenèvre. La plongée vers la vallée est particulièrement désagréable. Le vent qui souffle en rafales et la pluie glaciale qui frappe nos cuisses, rendent cette descente pénible et dangereuse. L'inefficacité de nos freins, noyés par toute cette eau, rend cette exercice plus périlleux encore.

Nous arrivons enfin à Briançon vers 18h30 et après une heure de recherche de nos deux amis, nous arrivons enfin dans un local aimablement mis à notre disposition par la MJC de Briançon. Nous avons enfin pu goûter au luxe de l'eau chaude. Malgré nos sacs de couchage déroulés à même le sol, la fatigue aidant, nous avons rapidement trouvé un sommeil réparateur à l'abris des intempéries qui nous ont accompagnées une partie de cette journée mémorable.

 
     
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